| Au fond du vieux refuge Dans une niche en bois Depuis deux ans je purge D'avoir trop cru en toi Tous les jours je t'attends Certain que tu viendras Tous les soirs je m'endors Sans que tu sois là. Que c'est-il donc passé Pour que ce 16 juin Heureux que tu étais Je me rapelle bien Tu sifflais, tu chantais En bouclant les valises Que tu m'aies attaché Là devant cette église. Ton absence me pèse Et les jours sont si longs. Mon corps s'épuise Et mon coeur se morfond Je n'ai plus goût à rien |
Et je deviens si laid Que personne jamais Ne voudra m'adopter. Tu m'as mis à la chaîne Ou tu m'as enfermé Tu m'as laissé des jours Sans boire et sans manger J'ai dormi bien souvent Dans ma niche sans toi Paralysé, raidi Tellement j'avais froid. Pourtant si tu reviens Nous partirons ensemble Nous franchirons en choeur La porte qui ressemble A celle d'une prison Et que je ne veux plus voir Et dans laquelle hélas ! J'ai broyé tant de noir. Voilà, mon rêve se termine Car je vois le gardien |
Et le vétérinaire au loin Ils entrent dans l'enclos Et leurs visages blêmes En disent long pour nous Sur ce qu'ils nous amènent Je suis heureux tu vois Car dans quelques instants Je vais tout oublier Et comme il y a deux ans Je m'endormirai sur toi Mon seul et grand ami Je dormirai toujours Grâce à l'euthanasie. A vous tous les humains J'adresse une prière Me tuer tout petit Aurait peiné ma mère Mais il eût mieux valu Pour moi cette manière. Et vous n'auriez pas eu Aujourd'hui à le faire. |
Gilbert Dumas